Nouvelles-hybrides

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une promenade à remonter le temps

Par • 2 Sep, 2014 • Catégorie: J-P L.G.

 

L'or aux 13 îles

 

Tous ceux qui ont participé à une ou plusieurs de ces promenades alchimiques dont Jean-Pierre Le Goff avait le secret (transmutant la rêverie spectrale des mots en réalité incarnée dans le paysage, ou inversement la poésie éparse et muette du paysage en expression consciente et concentrée) liront avec plaisir, dans la dernière livraison (n°3) de la splendide revue surréalisante L'or aux treize îles, la relation précise, par Joël Gayraud, de l'une d'entre elles.

Le petit papier (de quelle couleur?) exposant le programme de ce poème tête et jambes disait ceci :

 

Je vous invite à m'accompagner le long de ce parcours qui nous amènera à tracer avec nos pas le cercle d'une horloge dont les aiguilles tournent à l'envers. De 12 nous passerons à 11, de 11 à 10 et ainsi de suite pour revenir à notre point de départ. Sur le 12, au pied de l'Arbre à Liège, seront disposées douze cartes du tarot tirées au sort ; sur le 11, onze cartes choisies semblablement ; sur le 10 et le reste le principe continuera. Faites le calcul et vous vous apercevrez que la somme des 12 premiers nombres est de 78 comme le nombre de cartes du jeu de tarot. Je pense que nous arriverons à notre point de départ bien avant d'en être partis. Donc si vous voulez rajeunir, soyez devant le 10 de la rue Tiquetonne (métro Étienne Marcel) le dimanche 10 novembre 2002 à 10 heures ; la promenade sera longue, nous déjeunerons peut-être en route.

 

                      JEAN-PIERRE LE GOFF

 

Si vous voulez savoir par où passait ce cercle virtuel, pourquoi le parcours devait commencer au 10 de la rue Tiquetonne, d'où vient cette magnifique idée de magie à la gomme d'une horloge dont les aiguilles tournent à l'envers et permettent à ses possesseurs de rajeunir, combien d'aventuriers se sont risqués à actionner de leurs  pieds cette machine à remonter le temps, quelles coïncidences merveilleuses ont émaillé leur déambulation, en vertu de quelle providence absolument irrationnelle un magasin Marcel motos s'est installé en face de la maison qu'habita Marcel Duchamp rue Larrey (non, ça vous n'aurez pas la réponse), pourquoi la « table de Plaisanterie » est-elle ainsi nommée, après quelles péripéties ils – les derniers des remonteurs de temps à pieds – se sont retrouvés à 16h, c'est-à-dire au petit matin, au Rocher de Cancale, vous n'avez qu'à acheter le n° (22 €), commandable par toute bonne librairie ou directement en écrivant à jc.belotti@laposte.net et une fois chez vous – comme disait à peu près Chesterton citant plus ou moins Stevenson : si vous contemplez vos trésors dans la rue, vous ne ferez jamais un bon pirate – à ouvrir grand les yeux.

 

aujourd'hui

 

Comme tout cet or est à vous désormais, vérifiez-en la qualité, faîtes le sonner et trébucher, et vous ne serez pas déçus. Tout est au moins intéressant, mais j'ai été soufflé par le très riche dossier rassemblant des dessins colorés extraordinairement expressifs d'oiseaux imaginaires (acrovariable à reflets de paon, clavaj mantal, transorta huppé, …) d'Alexandre Cattin, 6 ans, et la découverte par Bruno Montpied des « bouteilles malicieuses » des époux Beynet est également très réjouissante.

 

Transorta apatride en parade

 

bouteilles Beynet

 

Les présentations par Bertrand Schmitt de la monographie qu'il a dirigée sur et avec Jan Švankmajer, Dimensions of dialogue, et du livre qu'Anna Pravdova a consacré au sculpteur et peintre « primitiviste » Jan Křížek (« Dans ce que je fais, l'homme ne doit pas disparaître ») signalent aussi de véritables (re) découvertes, et donnent très envie de les acquérir.

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