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Professeur Rouxel : passoires et trous

Par et.c • 31 jan, 2009 • Catégorie: Nouvelles de l'Institut des sciences à peu près

Notre estimé collègue le professeur Über nous rappelle fort opportunément un théorème très paradoxal de la sagesse Shadock :


Los trous no passoaran !

Los trous no passoaran !

En effet, une passoire dont on a bouché tous les trous remplit peut-être un peu moins bien son office usuel, mais elle ne cesse pas d’être une passoire (ou bien il faudrait dire que quelqu’un qui a laissé à la guerre ses bras, ses jambes, son sexe, son menton, son nez et ses oreilles cesse d’être un homme comme les autres, ce qui  pourrait décourager certains hommes de bonne volonté d’aller jouer à la guerre pour de vrai). Le professeur Carelman avait  d’ailleurs  proposé, dans son Catalogue d’objets introuvables, la passoire à un seul trou. Toutefois, la question  reste ouverte de savoir à partir de combien de trous  la passoire devient  vraiment elle-même : à quel âge se situe la « puberté»  de la passoire ? Une passoire qui n’a que quelques trous est-elle déjà une vraie passoire, ou n’est-elle qu’une passoire en puissance ?

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Une Réponse »

  1. Cher Rouxel

    Une passoire à un seul trou est un entonnoir… On peut donc dire que la passoire est un objet comptant de 2 à x trous… Cela ne réduit pas notablement la probabilité ontologique de la passoire (j’entends par là son « être ou ne pas être» ), mais nous permet de dire que la passoire n’est pas un objet à un seul trou, ni un objet à infini trous (lequel est soit un trou noir (à un seul trou), ou un vide total)…
    Ce premier constat établi, à partir de combien de trous une passoire est-elle une passoire ?… Il ne faudrait pas, selon moi, se poser la question en ces termes, mais plutôt se demander à partir de combien de trous la passoire laisse échapper plus de liquide qu’elle en retient (car une passoire ne saurait plus retenir que laisser échapper).
    Ce second constat établi, on peut estimer que le nombre de trous n’est pas le seul paramètre à prendre en compte : il faut également considérer la taille des trous, et même la taille globale des trous…
    En conséquence, une définition satisfaisante de la passoire pourrait être : « objet ayant pour le commun des mortels l’apparence d’une passoire, et dont la somme finie des trous et supérieure à 1 lui permet de laisser échapper plus de liquide que d’en retenir» …
    Pour finir sur la question de la puberté de la passoire, voici ce que je propose : on sait que le sébum, substance hautement symbolique de l’adolescence, « bouche les pores de la peau» , donc les trous… Une passoire adolescente étant une passoire en devenir ou plus psychanalytiquement, une « passoire qui se cherche» , je suggère de la situer à la limite exacte où passoire est passoire sans être vraiment passoire, c’est à dire lorsque la somme des ses trous fait qu’elle retient autant de liquide qu’elle en laisse échapper…

    Espérant vous avoir aidé un peu…
    Bien cordialement
    Professeur Dong

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