Nouvelles-hybrides

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La Marseillaise des moustiques

Par • 2 Août, 2012 • Catégorie: J-P L.G.

Nouveau Rouget de L’Isle (qui n’est pas né à Lille, comme Chaval a essayé de le faire croire, mais à Lons-le-Saunier, en 1760 – et est mort en 1836 à Choisy-le-Roi, peut-être de n’avoir pas réussi à trouver un patelin au nom plus républicain), quoique plutôt breton (?), Jean-Louis Bailly, fénéonisant notoire pour les uns, illustre pour d’autres (dont l’auteur de cette brévissime mais plus que troilignesque présentation) a composé récemment – pris à la gorge, probablement, par un Été qui, à force d’être en retard, doit se chercher des occupations – une Élégie du moustique, dont la fureur hémoglobinotrope, quoique tempérée par la complainte, évoquera immanquablement, nécessairement, et peut-être même fatalement, pour tous les patrillotes français de 7 à 177 ans, le Chant de guerre pour l’armée du Rhin plus connu sous le nom touristique de « Marseillaise« . Une Marseillaise des moustiques ! et élégiaque, en sus (si j’ose m’exprimer ainsi) !

En tant que Chevalier de l’Ordre des Draculeries Concomettantes, le capitaine de la Berlu ne pouvait que vouloir faire partager à ses lecteurs cet hymne des vampires frustrés en impatience de bal, et puisque l’auteur y consang, voici :

 

Élégie du moustique

Publié le 17/07/2012 à 11:05 par jlbailly
http://jlbailly.centerblog.net/

Putain d’été, kancékon va sortir ?

Dit le moustique en sa demeure.

Par ce temps-là, sortir serait mourir,

Et je ne veux pas que je meure !

 

Il fut des ans, nous disent nos aïeux,

Que mars nous voyait sur la brèche.

Mais cette année, l’inclémence des cieux

Nous précipite dans la dèche.

 

Du sang ! Du sang ! Je veux du sang bien frais,

Sang de matrone ou sang de vierge !

Dieux des piqueurs, rendez-nous nos juillets :

De l’Achéron je vois la berge…

 

La touffeur bienfaisante de l’été

Dénuderait les peaux nocturnes,

Nous pourrions à loisir nous goberger

Dans les jardins et dans les turnes.

 

Las ! nous voyons tous nos garde-manger,

S’emmitoufler dans des pelisses,

Et se couvrir jusques à l’oreiller

D’édredons qui sont nos supplices…

 

Que demain nous revienne un ciel brûlant :

De vos peaux nous ferons orgie,

Et votre sang, que nous irons rotant,

Mettra fin à mon élégie…

 

Remarquez que la fibre patrillotique est bien présente, chez ce poète au lyrisme piquant,

comme chacun pourra s’en convaincre en remontant son blog(àpar) jusqu’au 14 juillet :


14-Juillet (1)

Publié le 14/07/2012 à 10:44 par jlbailly

 

Quand jadis on lui proposait

De s’envoyer en l’air(e)

Sur une marche militaire,

Hedy Lamarr jamais ne refusait.

 

Moralité

Lamarr said yes

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