Nouvelles-hybrides

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Nuit transfigurée

Par et.c • 11 jan, 2009 • Catégorie: Hermann Krankwein : Le coin de l'(h)amateur d'(h)art

« Dans la nuit des images» . Dans la nuit transfigurée par les images. Dans la nuit transfigurée par les images transfigurées. Déjà l’installation dans la nef du grand palais de très nombreux écrans de toutes tailles – entre le gigantesque et l’habituel en passant par le très grand, le moyennement grand, le verticalement grand, … – accrochés à des hauteurs diverses et disposés de telle façon qu’il soit impossible de ne pas en voir plusieurs à la fois crée un espace labyrinthique et chaotique très vivant et intéressant. Et comme sur ces multiples plans (auxquels il faut ajouter les murs intérieurs et extérieurs, ou encore le sol) sont projetés des films … magiques (comment faut-il les qualifier, ces films dans lesquels les images sont triturées de mille manières, moins ou plus nettement artificielles ? – « expérimentaux»  ? par opposition aux films narratifs, dans lesquels les images sont subordonnées à l’histoire, le terme est désormais vieilli mais pourquoi pas ? – « d’artistes»  ? car le travail sur la forme y est essentiel, réglé plus ou moins lâchement sur des idées de contenu, mais les cinéastes conteurs sont aussi des artistes … – « stupéfiants»  ? car même si aucun de ceux qui sont projetés ici ne relève d’une esthétique « psychédélique» , ils nous plongent tous dans un état d’étonnement émerveillé qui nous fait oublier toute velléité de critique), on ne sait où donner des yeux, on est attiré de partout, on est immergé dans cet espace vertigineux, gorgé de temps-espaces eux-mêmes vertigineux, et c’est un prodigieux enchantement d’enchantements. Méta- et pata-onirisme garantis. En outre, plusieurs des films projetés sont des chefs-d’oeuvre de ce genre de cinéma extra-cinématographique, et même quand on les a déjà vus, on a l’impression de les découvrir pour première fois : la sarabande fantastique de William Kentridge, le Broadway by Light de William Klein ou le Lauf des choses de Fischli & Weiss semblent avoir trouvé là leur présentation idéale. Et il y a beaucoup de révélations, comme ces corps qui tombent très lentement sur un immense écran vertical de l’autrichien Kurt Hentschlager (dont l’idée vient peut-être d’une des fresques perdues de Klimt), la très inattendue rencontre, filmée par Manoel de Oliveira, de Kroutchvev et du camarade pape sur un relief bedonnant, la non rencontre entre un homme doté d’une oreille supplémentaire et une petite fille radieuse dans une fiction sans histoire due à un certain Daan Spruijt, une femme dont le corps se disloque allègrement (dû, si je lis bien le guide, au fameux Robert Wilson), un type qui essaie de marcher sur des touches de piano géantes (Pernot ?), un Tom & Jerry particulièrement sophistiqué où ils se pourchassent et s’échappent par dessins interposés, … Et puis il y a les projections au sol : de lettres qui semblent en former d’autres, et même des mots, de manière aléatoire; de spectres hologrammatiques qui dansent inlassablement dans leur rectangle existentiel ; de vues semi-aériennes de passants dans des espaces absolus. Adoncques : un très grand merci à Alain Fleischer, qui a joué le rôle de père Noël en chef, et ne manquez surtout pas cette fête si vous avez la chance d’être parisien (cela dure jusqu’au 31 décembre, et l’entrée est gratuite !)

Dans la nuit des images (Apichatpong Weerasethakul ?)

Dans la nuit des images (Apichatpong Weerasethakul ?

Dans la nuit des images (fraction de la nuit)

Dans la nuit des images (fraction de la nuit)

Morning lemon (Daanb Spruijt)

Morning lemon (Daan Spruijt)

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