Cthulhu à Argenteuil (Tonnerrois, Yonne)
Par et.c • 2 sept, 2009 • Catégorie: Actualités, Expositions, Hermann Krankwein : Le coin de l'(h)amateur d'(h)art, Rencontres du quatrième type •Dans la petite bourgade icaunaise d’Argenteuil, cet été, on pouvait (enfin, on peut encore jusqu’au 15 septembre) voir une exposition très singulière, où les oeuvres, comme échappées des réserves muséales, s’étaient répandues dans les espaces publics : dans le grand bassin de la grand-place, dans le lavoir couvert, dans l’église. Des tableaux ? des sculptures ? – plutôt des sculptures, bricolées de matériaux de « récup» – bouts de caoutchouc, terre glaise, branches – peints sommairement de couleurs sans nuances, mais dont on n’admire pas d’abord l’intelligence d’artifice, car elles suggèrent impérieusement des êtres fantastiques, monstres grotesques et effarants, tenant du reptile, du poisson, de l’oiseau, de l’insecte et du mammifère, confondant l’animal, le végétal et le minéral, et semblant venir de très loin dans les profondeurs épouvantées du Temps et de l’arrière-Temps, comme dans les mythes modernes de Lovecraft. L’artiste panique auquel on doit ces témoignages visionnaires s’appelle Alain Bresson. À moins que vous ne soyez un fidèle lecteur de Nouvelles Hybrides, vous ne connaissez sans doute pas ce nom, et il est malheureusement peu probable que, dans un avenir proche, vous ayez le plaisir de voir ses monstres envahir Versailles ou la cour du Palais Royal, car ceux qui décident de l’art qui doit être montré à tous n’ont pas plus idée des réalités inconcevables et inimaginables dont ils témoignent que les joueurs de pétanque d’Argenteuil, qui préfèrent lancer leur boule un peu moins loin. (et puis, les entrailles le sang ici omniprésents ne sont pas plus casher au sens figuré qu’au sens propre).
et.c est
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