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AGENDA 2008
Janvier :
parution
des Républiques de Marianne, d’Alain et Wasthie Comte, film
consacré à
une femme dont le moindre mérite n’est pas d’avoir donné
naissance à et
d’avoir élevé celui qui en est venu à animer la
maison d’édition qui
l’édite ; la lecture-visionnement-écoute de ce film
devrait
pouvoir intéresser tout le monde, de 9 à 99 ans (+ 1 ou
10 pourClaude
Lévi-Strauss, qui a 100 ans cette année), mais des fois
que toulemonde
ne se précipiterait pas sur ce qui doit l’intéresser, on
a préféré n’en
faire, pour la vente, qu’une quarantaine d’exemplaires, dont on peut
faire l’acquisition en échange de 20 euros (chacun).
Mercredi 7 Mai :
journée
d’étude sur
les livres monstres « en forme »
Une
(septième) journée d’étude sur les livres
monstres
aura
lieu le mercredi 7 Mai
au
Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis
22
bis rue Gabriel Péri 93200 SAINT-DENIS
Métro
Saint-Denis Porte de Paris (suivre Centre ville)
ou
Saint-Denis Basilique
Titre : Livres monstres en Forme
( F l o i r v m r e e ) s
Explication
du titre : il arrive que ce que le
signataire de ces
lignes nomme « livres
monstres » (=
les très rares qui dérogent au sacro-saint principe de
subordination de tous leurs paramètres à la
lisibilité de leur
sens) n’aient
pas l’apparence en
général peu remarquable de ce qu’il est
désormais
convenu de nommer « livre
d’artiste » (par
antiphrase sans doute, car la plupart d’entre eux ne font l’objet
d’aucune élaboration artistique aux sens esthétique et
unique du
mot, et ne peuvent être lus qu’en gros, ce qui fait que les
lecteurs ne les considèrent pas comme des livres et que les
artistes
restés fidèles aux anciennes exigences de l’Art ne les
considèrent pas comme des œuvres) : ils exhibent
au
contraire
leur différence,
roulent des mécaniques, montrent leur monstrueusité, à
l’image de ces livres
à systèmes ou
« pop up » qui vous sautent à la figure
lorsque vous
les
ouvrez et dont l’enchantement perdure longtemps après que l’on
aie cessé d’être l’enfant auquel ils étaient
destinés. Dans ces
livres, très
rares parmi les rares,
exceptionnellissimes exceptions entre des exceptions, le format, la
forme, le papier, la typographie, les illustrations, la mise en page, tout ce qui est
d’ordinaire
neutralisé s’anime et
si l’on veut se les approprier, il
faut accepter de perdre son temps à les regarder,
les admirer, les toucher, les caresser, les manipuler, s’interroger
sur les raisons de chaque choix formel et, ce faisant, rêvasser
à
ce qu’ils traduisent : ils vous obligent à sortir aussi
bien
de votre torpeur physique de lecteur que de votre bovinisme admiratif
de badaud muséal.
Exemples ?
Dans Baliv(r)ernes,
de Christian Moncelet, vous êtes accueilli, après
être passé par
l’achevé d’imprimer, par une adresse au
« lacteur »
que vous ne pouvez lire qu’à travers un trou dans le papier en
forme de trou
de serrure ;
dans l’édition par Jean-Jacques Sergent du poème
« sonore »
de Kurt Schwitters Die
Wut des Niesens
(La fureur
de l’éternuement),
chaque onomatopée de l’éternuement (on dira pour
simplifier « onomatopéternuement », et on le
répétera une
dizaine de fois, à voix de plus en plus haute) est
imprimée à la
fois en rouge
volcan
gras italique et
en gaufrage sur un papier buvard qui évoque peu
résistiblement un
mouchoir en papier et constitue la matière d’une page de petit
format (A5 environ) à l’italienne, selon une progression de
taille
qui correspond (probablement) à la marche rapide de cette
explosion
vers sa microapocalyptique
apothéose ;
dans le fragment d’Érik Satie mis en livre par
François Righi
(avec une composition typo de Jean-Jacques Sergent) sous le titre Recoins
de ma
vie (« /…/
Croyant bien faire, presque à mon arrivée ici-bas, je me
mis à
jouer quelques airs de musique que j’inventai moi-même, … tous
mes ennuis sont venus de là … »),
une suite de six gravures opère préambulatoirement la
métamorphose
d’un escalier descendant abruptement du ciel de quelque grenier en
la silhouette du fameux chapeau melon de celui que Jarry avait
surnommé Ésotérik
Satie,
préfigurant énigmatiquement mais littéralement les
difficultés
d’atterrissage que confie le compositeur des morceaux en forme de
poire ; dans « Renvoi
miroirique ? »
de Jean Sabrier, qui se présente comme un mini-DVD dont la
« lecture » par un appareil approprié
permet de
contempler la suite fantastique des réflexions
anamorphotiques
de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello sur un miroir-urinoir pivotant
lentement sur son
socle, les considérations de forme ont pris une telle importance
qu’il n’y a plus du tout de texte, mais il s’agit bien d’un
livre, un livre qui, plus encore peut-être que le Grand verre de
Duchamp - dont il prolonge certaines suggestions - doit être
songé,
pensé et éventuellement écrit par ses « témoins
occulistes » ; dans Tant
d’espace
(1991), un ensemble de collages encore impublié de Philippe
Demontaut, où des enfants sont dans des
rapports
divers et variés avec des globes
terrestres, tout ce
que dit le livre passe également par les images seulement ;
dans La
Brisséide
de Nicolas Cirier, pamphlet contre le baron
Brisse,
chroniqueur gastronomique du Figaro, publié en 1867 à 300
exemplaires (et réédité à l’identique en
guère plus grand
nombre et en 2004 par les Éditions des Cendres), il y a, outre
un
jeu très sensible avec les variétés de taille, de
graisse ou
d’italicité de la police de caractère ainsi qu’une page
manuscrite et dessinée, une foultitude
de « papillons » sur papier jaune avec des
citations et des
commentaires en rapport avec le texte de la page sur laquelle ils
sont collés, et le livre même est enveloppé dans
une feuille de
papier orange sur laquelle sont annoncés d’autres ouvrages du
même
auteur.
À
quoi riment ces diverses élaborations
« formelles » ?
Quels sont leurs effets ? On
identifie tout de suite des valeurs de jeu, d’humour et d’expressivité,
mais il y en a certainement d’autres, en particulier de pudeur,
de secret voire de sacré
(singulièrement
présentes
dans les livres œuvres somptueux et énigmatiques de
François
Righi) ou encore de … rappel
au désordre à
destination des académiques du livre (les livres bariolés
et
annotés de Cirier, qui se définissait comme « Insulteur »
et rappelait qu’une telle profession existait dans la Rome antique,
sont aux livres bourgeoisement normaux ce que le poème que
Rimbaud
alias Alcide
Bava adressa
à Banville à propos de fleurs est à la poésie
idéaliste,
rhétorique et creuse de toutes les époques (« De
vos forêts
et de vos prés, / O très paisibles photographes ! /
La Flore
est diverse à peu près / Comme des bouchons de
carafes ! »).
Pour
avancer dans ces questions sans risquer de perdre de vue l’essentiel -
les œuvres -, nous avons invité quelques-uns de ceux qui
imaginent, conçoivent et réalisent de tels livres
monstres « en
forme » à venir nous parler de ce qu’ils font.
Forme
(horaire) de la journée d’étude des livres en :
9h10
- 9h50 : etienne cornevin : L’ivresse
des livres animés
9h50
– 10h30 : Jean-Jacques Sergent (Fulbert
éditions) : L’art
de donner du caractère
10h30 –
10h40 : pause
10h40
- 11h20 : Christian
Moncelet (B.O.F éditions) : Car
les BOF sont des PCM, voyez-vous
11h20
– 11h60 : Jean Sabrier (Éditions
Liard) : le
liard ne ment qu’à demi
14h
-14h40 : Philippe Demontaut : L’enfant
et les sortilèges (retours à)
14h40
– 15h20 : Marc Kopylov (Éditions des
cendres) : Cendres
et diamants de la folie livresque
15h20
- 15h30 : pause
15h30
– 16h10 : François
Righi (D’ailleurs l’image) : Allez
voir ailleurs si l’image …
16h10
– 16h50 : etienne cornevin : Formes
et contenus de la révolte des Formes
Cette
journée d’étude est destinée, dans un ordre
d’importance mal
déterminable :
à
donner aux participants le sentiment qu’ils ne sont pas si seuls
à
donner aux étudiant(e)s qui suivent le cours du camarade
organisateur sur les merveilles & énigmes des livres
monstres
de
se convaincre de l’existence de gens (« vrais »)
à
l’origine de ces énigmes & merveilles
à
faire découvrir des livres œuvres admirables et
généralement
méconnues ou ignorées
à
avancer dans la connaissance et la compréhension de ce pour quoi
il
ne semble pas y avoir de meilleur terme que « livre
monstre »
à
recruter de nouveaux adhérents pour le club des amis de la
poésie
artistique et de l’art poétique (section des
irréductibles)
La (peu
rigide) limitdéplasdiçponibl
est
la seule force qui pourrait s’opposer à ce que le curieux
inconnu
(ou
connu, et féminin, et pluriel)
joue
pendant cette journée
le
rôle de ce que les membres du Collège de ‘pataphysique
nomment
« auditeur
apparent ».
Samedi
31 Mai – Mercredi 11 Juin :
Le
Céphalophore entêté présente :
ses éditions
à la Halle Saint-Pierre
Samedi
28 Juin – Samedi 30 Août :
« Les
très riches heures d’une
cocotte minute »
exposition
de dessins et livres de Roland Breucker à la
Médiathèque de Châteauroux
Fin Juin :
parution
d’un livre monstre tout plein de monstres !
Hâvre des animonstres exquis
par Rebecca David
14,8.21 cm – 156 pages – 200 exemplaires numérotés et
signés - 30 euros
–
10 Octobre – 12
Octobre :
18ème
Salon de la revue
à l’Espace des blancs Manteaux, Paris
Mercredi 29 Octobre :
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